En bref
Le socle d'un site de petite entreprise tient en cinq blocs : une page d'accueil, une page par prestation réellement vendue, une page qui présente l'entreprise, une page contact et les pages légales. Pour la plupart des activités, cela donne six à dix pages. Le bon repère n'est pas un nombre mais une règle : une page par question que se pose un client, et rien qui n'ait de raison d'exister. Ajouter des pages ne fait pas venir de visiteurs par magie : sur les 14 milliards de pages étudiées par Ahrefs, 96,55 % ne reçoivent aucun trafic de Google.
Les points essentiels
- Le socle tient en cinq blocs : accueil, une page par prestation vendue, une page sur l'entreprise, contact, pages légales. Soit six à dix pages pour la plupart des activités.
- Une page par prestation vaut mieux qu'une page « nos services » qui les empile toutes : chacune peut alors répondre à une recherche précise.
- Ajouter des pages ne fait pas venir de visiteurs : 96,55 % des pages étudiées par Ahrefs ne reçoivent aucun trafic de Google (Ahrefs, décembre 2023, environ 14 milliards de pages).
- Les pages dupliquées d'une ville à l'autre sont visées par les règles anti-spam de Google, sous le nom d'abus de pages satellites.
Deux devis sur la table. Le premier annonce « site vitrine 5 pages », le second « 15 pages », et l’écart de prix est du simple au double. Aucun des deux ne vous explique pourquoi cinq, ni pourquoi quinze.
C’est normal : le nombre de pages n’est pas une décision de départ, c’est un résultat. Il découle de deux choses, ce que vous vendez réellement et ce que les gens tapent pour le trouver. Une fois ces deux listes posées, le chiffre tombe tout seul, et il tombe rarement sur un compte rond.
La vraie question n’est pas « combien », mais « lesquelles »
Prenez le problème par le client, jamais par le gabarit.
Quelqu’un qui cherche « remplacement de chaudière » et quelqu’un qui cherche « fuite d’eau en urgence » n’ont pas la même journée, pas la même urgence et pas le même budget. Ils ne veulent pas lire la même page. Si votre site les envoie tous les deux sur une page « Nos prestations » qui liste huit activités, aucun des deux n’a l’impression d’être au bon endroit, et Google ne sait pas non plus laquelle de ces demandes votre page traite.
Le bon réflexe tient en une phrase : une page par question de client. Pas une page par idée, pas une page par rubrique de menu, pas une page pour faire volume. Une page par question à laquelle vous savez répondre et pour laquelle on vous paie.
Le socle : cinq blocs qu’aucun site ne peut sauter
Quel que soit le métier, on retrouve toujours les mêmes fondations.
La page d’accueil. Elle dit qui vous êtes, ce que vous faites, où, et elle envoie vers les pages de prestation. Elle ne cherche pas à tout dire.
Une page par prestation réellement vendue. C’est le cœur du site et la partie qui travaille pour vous dans les résultats de recherche. Deux, trois, cinq pages selon votre activité.
Une page qui présente l’entreprise. Depuis quand, avec qui, avec quels diplômes, quelles assurances, quels chantiers. Sur une prestation à plusieurs milliers d’euros, c’est souvent la dernière page lue avant l’appel.
Une page contact. Téléphone cliquable, formulaire court, adresse, horaires, plan d’accès. Une page contact bâclée annule le travail des cinq autres.
Les pages légales. Mentions légales et politique de confidentialité au minimum, plus les conditions de vente si vous vendez en ligne. Ce ne sont pas des pages de décoration : elles sont obligatoires, et elles participent à la confiance. Notre article sur le RGPD et le site web d’une PME détaille ce qu’elles doivent contenir.
Cela fait six à dix pages pour une écrasante majorité de petites entreprises. Rien d’anormal si vous vous arrêtez là.
| Votre activité | Socle réaliste | Pages en plus qui se justifient |
|---|---|---|
| Praticien avec un seul type d’acte | 5 à 6 pages | Une page par motif de consultation courant |
| Artisan avec 3 métiers distincts | 7 à 9 pages | Une galerie de chantiers, une page zone d’intervention |
| Commerce avec vente en ligne | 8 à 12 pages | Les fiches produits, la page livraison et retours |
| Cabinet ou agence avec plusieurs services | 9 à 12 pages | Une page par service, une page équipe |
Le test à faire avant d'ajouter une page : écrivez la question à laquelle elle répond, en une phrase, telle qu'un client la poserait. Si vous n'y arrivez pas, ou si la phrase est déjà celle d'une autre page, la page ne sert à rien.
Une page par prestation, pas une page fourre-tout
C’est le point qui change le plus de choses, et c’est aussi celui qui coûte le moins cher à corriger sur un site existant.
Une page qui parle de tout ne se positionne sur rien. Elle mélange les mots, dilue le propos, et le visiteur doit chercher lui-même le paragraphe qui le concerne. À l’inverse, une page consacrée à une seule prestation peut développer le prix, le déroulé, les délais, les questions fréquentes, les cas concrets. Elle devient la meilleure réponse disponible sur cette demande précise, et c’est exactement ce que Google cherche à mettre en avant.
Un exemple parlant : un plombier chauffagiste qui sépare le dépannage, le remplacement de chaudière et la rénovation de salle de bain se rend visible sur trois demandes très différentes, avec trois discours différents. Le même professionnel avec une seule page « plomberie et chauffage » se retrouve à concurrencer tout le monde avec un texte qui ne parle à personne. Même logique pour un institut de beauté qui distingue l’épilation, les soins du visage et l’onglerie.
La contrepartie est simple : une page par prestation réellement vendue. Pas par prestation que vous pourriez faire un jour si on vous le demandait.
Quand ajouter une page, et quand s’abstenir
Trois déclencheurs légitimes, et un seul faux.
Vous lancez un service que vous vendez vraiment. Une page, avec le même soin que les autres. Pas un paragraphe glissé sur une page existante.
Une question revient sans arrêt au téléphone. « Est-ce que vous vous déplacez le samedi », « comment se passe la prise en charge », « quel délai pour un devis ». Une question posée dix fois par mois est une page qui vous fera gagner du temps, et elle a toutes les chances de correspondre à une recherche réelle.
Vous ouvrez un deuxième point de vente. Un lieu physique, avec une adresse, une équipe et des horaires, mérite sa page. C’est du vrai contenu local, pas de la duplication.
Le faux déclencheur, c’est « il faudrait publier quelque chose ». Une page créée pour nourrir le site, sans question derrière, ne rapporte rien et ajoute du travail d’entretien.
Les pages qui ne servent à rien, et celles qui nuisent
Il faut le dire clairement, parce que beaucoup de sites de PME portent ces pages depuis des années.
Les pages sans demande derrière. C’est le cas le plus fréquent, et de loin. Ahrefs a étudié environ 14 milliards de pages avec son outil Content Explorer et constaté que 96,55 % d’entre elles ne reçoivent aucun trafic de Google, 1,94 % en recevant entre une et dix visites par mois (Ahrefs, décembre 2023). Trois causes principales ressortent : personne ne cherche le sujet, la page n’a aucun lien qui pointe vers elle, ou elle ne répond pas à ce que le visiteur voulait. Publier plus ne corrige aucun des trois.
Les pages copiées d’une ville à l’autre. « Plombier Lyon », « plombier Villeurbanne », « plombier Vénissieux », même texte, un nom de commune remplacé. Google range cette pratique dans ses règles concernant le spam, sous le nom d’abus de pages satellites, et cite explicitement le cas des pages visant des villes ou des régions qui renvoient les internautes vers une seule et même page. Le sujet mérite mieux que cette recette, nous l’avons traité en détail dans notre article sur le référencement local.
Le blog abandonné. Trois articles, le dernier daté d’il y a deux ans. Un visiteur qui tombe dessus se demande si l’entreprise existe encore.
Les pages de remplissage. « Notre philosophie », « nos valeurs », « nos partenaires ». Personne ne les cherche, personne ne les lit, et leur contenu tiendrait en trois lignes sur la page qui présente l’entreprise.
Le signal à surveiller : dans la Search Console, une page qui n'a reçu aucune impression en trois mois ne travaille pas. Soit vous la retravaillez pour qu'elle réponde à une vraie recherche, soit vous la fusionnez avec une autre. Un site plus court et mieux tenu vaut mieux qu'un site long et mou.
Votre site n’est ni trop petit ni trop gros pour Google
Deux inquiétudes reviennent souvent, et les deux se règlent en une phrase.
« Mon site est trop petit, Google va l’ignorer. » Non. Le nombre de pages n’est pas un critère de classement. Ce qui compte est la qualité de la réponse apportée sur une recherche donnée, page par page. Une entreprise avec six bonnes pages passe régulièrement devant un concurrent qui en a soixante.
« J’ai trop de pages, Google ne va pas tout explorer. » Là encore, ce n’est pas votre problème. Google indique dans sa documentation destinée aux propriétaires de gros sites que l’exploration n’est un sujet de préoccupation qu’à partir de quelques milliers d’URL, et que les sites en dessous de ce volume sont explorés efficacement la plupart du temps (Google Search Central). Une PME n’atteint ce seuil que si elle vend en ligne des milliers de références.
Ce qui prend du temps, ce n’est pas l’exploration, c’est la mise en place du référencement lui-même : nous avons détaillé ces délais dans un article dédié sur le temps nécessaire pour être visible sur Google.
Ce que le nombre de pages change vraiment sur le devis
Une page de plus n’est pas un gabarit dupliqué. C’est une recherche sur ce que les gens tapent, un texte écrit pour cette demande, des photos, un maillage vers le reste du site, une fiche de questions fréquentes. Sur un site travaillé pour le référencement, c’est là que part l’essentiel du budget, pas dans le graphisme.
C’est pour cela qu’un bon site professionnel avec une vraie stratégie de référencement se situe entre 2 000 et 2 500 € HT, et qu’une offre très en dessous suppose presque toujours des pages écrites à la chaîne. Le détail des postes est expliqué sur notre page tarification et dans notre guide sur le prix d’un site vitrine.
Un conseil de négociation, tant qu’on y est : demandez à voir la liste des pages avant de comparer deux devis. Deux propositions à cinq pages peuvent recouvrir deux projets totalement différents selon que ces cinq pages visent cinq demandes distinctes ou qu’elles racontent cinq fois la même chose.
Par où commencer, concrètement
Prenez une feuille et faites deux colonnes. À gauche, ce que vous facturez vraiment, ligne par ligne, en reprenant vos douze derniers devis. À droite, les questions que vos clients vous posent avant de signer.
Chaque ligne de gauche devient une page de prestation. Les questions de droite se répartissent entre les pages de prestation et, quand elles reviennent souvent, deviennent des pages ou des articles à part entière. Ajoutez le socle (accueil, entreprise, contact, pages légales) et vous avez votre plan de site, sans avoir jamais eu à choisir un chiffre.
Si votre site existe déjà et que vous voulez savoir lesquelles de ses pages travaillent vraiment, c’est le genre de chose que nous regardons dans un audit de référencement. Et si le projet est encore à l’état de liste sur un carnet, notre page création de site web explique comment nous le déroulons, page par page.
À retenir : le bon nombre de pages est celui où chaque page a une raison d’exister que vous savez dire en une phrase. En dessous, il vous manque des réponses. Au dessus, vous entretenez des pages que personne ne lit.
