En bref
Pour encaisser un acompte depuis son site, il faut trois choses : écrire le mot « acompte » noir sur blanc (sans cette mention, la loi considère qu'un particulier a versé des arrhes et qu'il peut annuler en les perdant), un moyen de paiement en ligne, qui va du simple lien envoyé par courriel au module branché sur le site, et des conditions d'annulation écrites. Comptez de l'ordre de 1,5 % du montant plus 0,25 euro par paiement chez un prestataire de paiement, sans abonnement. La TVA est due dès l'encaissement, et une facture d'acompte doit être émise.
Les points essentiels
- Sans mention écrite, une somme versée d'avance par un particulier est juridiquement constituée d'arrhes : il peut annuler en les perdant, et vous devez les rendre au double si c'est vous qui vous désistez (code de la consommation, article L214-1).
- Le mot « acompte » doit apparaître noir sur blanc sur le devis, sur la page de réservation et sur la confirmation envoyée au client.
- Trois façons de l'encaisser depuis son site, du plus simple au plus complet : le lien de paiement envoyé à la main, le module branché sur le site, la plateforme de réservation.
- Comptez de l'ordre de 1,5 % plus 0,25 euro par paiement pour une carte européenne standard, sans abonnement (grille publiée par Stripe, 2026).
Un couple vous appelle pour bloquer une date. Vous notez, vous refusez deux autres demandes pour ce jour-là, et trois semaines plus tard le téléphone reste muet. La date est passée, la salle était vide, et personne ne vous doit rien.
C’est exactement ce qu’un acompte règle. Pas en punissant le client, mais en transformant une intention en engagement : quelqu’un qui a sorti sa carte vient, et quelqu’un qui ne veut pas sortir sa carte n’était pas encore décidé. Reste à le faire proprement, parce que sur ce sujet précis un mot mal choisi sur un devis peut vous coûter le double de la somme.
Ce qu’un acompte change vraiment dans une petite entreprise
Il y a trois effets, et le troisième est le plus sous-estimé.
Il rend la réservation ferme. Une date bloquée sans rien versé n’est pas une réservation, c’est une option gratuite. Le client garde toute liberté et vous perdez la vôtre.
Il filtre les demandes. Une bonne partie du travail d’un traiteur, d’un wedding planner ou d’un artisan consiste à chiffrer des projets qui n’aboutiront jamais. Un acompte demandé au moment de la validation trie tout seul, sans que vous ayez à jouer les gendarmes.
Il finance le début du travail. Un traiteur achète la matière avant le repas. Un gîte refuse d’autres nuitées pour tenir une semaine libre. Un artisan commande le matériel. L’acompte n’est pas une avance de confort, c’est ce qui évite de porter la trésorerie du client.
Le réflexe à prendre : ne demandez jamais un acompte « en plus » d'un devis déjà envoyé. Faites-en une étape du parcours : le devis se valide en payant. C'est plus clair pour le client et beaucoup plus facile à tenir pour vous.
Acompte ou arrhes : le mot qui décide de tout
C’est le point sur lequel se trompent le plus de professionnels, et il n’a rien de secondaire.
Entre un professionnel et un consommateur, le code de la consommation pose une règle par défaut : sauf mention contraire dans le contrat, les sommes versées d’avance sont des arrhes, au sens de l’article 1590 du code civil (article L214-1 du code de la consommation). Et les arrhes ont une conséquence très concrète : chacun peut revenir sur son engagement, le client en perdant ce qu’il a versé, le professionnel en le restituant au double.
Autrement dit, si vous ne précisez rien et que vous devez annuler une prestation, vous rendez deux fois la somme encaissée.
L’acompte, lui, ferme cette porte de sortie. Il matérialise un contrat conclu : le client s’engage à prendre la prestation, vous vous engagez à la fournir, et celui qui renonce s’expose à devoir réparer le préjudice de l’autre. La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes recommande d’ailleurs d’indiquer clairement, sur le contrat ou le reçu, si la somme correspond à un acompte ou à des arrhes.
| Arrhes | Acompte | |
|---|---|---|
| Ce que ça vaut | Une faculté de se dédire pour les deux parties | Un engagement ferme des deux parties |
| Si le client renonce | Il perd la somme versée | Il reste engagé, vous pouvez réclamer réparation |
| Si vous renoncez | Vous rendez le double | Vous rendez la somme et vous pouvez devoir réparation |
| Régime par défaut | Oui, si rien n’est écrit | Non, il faut l’écrire |
Un dernier détail utile : toute somme versée d’avance produit des intérêts au taux légal à partir de trois mois après le versement et jusqu’à la livraison ou l’exécution de la prestation, intérêts qui viennent en déduction du solde (article L214-2 du code de la consommation). En pratique, cela concerne surtout les commandes à long délai : un acompte encaissé en janvier pour un mariage en août entre dans ce cas.
Combien demander
Aucun texte ne fixe de pourcentage. C’est un choix commercial, à écrire dans le devis et à tenir.
Le repère qui marche le mieux n’est pas un chiffre rond, c’est la question suivante : si ce client annule demain, combien aurai-je déjà dépensé ou perdu ? La réponse donne le montant.
- 20 à 30 % pour une prestation où vous n’engagez presque rien avant la date : une séance photo, une prestation de conseil, une nuitée.
- 30 à 50 % dès que vous achetez, commandez ou bloquez quelque chose pour ce client : un traiteur qui commande la matière, un artisan qui approvisionne un chantier, un mariage sur lequel vous mobilisez des prestataires.
- Un montant fixe plutôt qu’un pourcentage quand la prestation est petite et répétitive. Trente euros à la réservation d’un créneau se comprennent mieux que « 25 % du montant estimé ».
Les trois façons de l’encaisser depuis son site
Beaucoup de dirigeants imaginent qu’encaisser en ligne suppose une boutique complète. C’est faux, et la première solution ne demande aucun développement.
Le lien de paiement. Vous créez un lien depuis l’espace de votre prestataire de paiement, avec un montant et un libellé, et vous l’envoyez par courriel ou par message avec le devis. Le client paie par carte, vous recevez la confirmation. Mise en place : une demi-journée, une fois pour toutes. C’est la bonne réponse pour une activité qui traite quelques dossiers par semaine.
Le module branché sur le site. Le formulaire de demande du site enchaîne sur un paiement : le client choisit une date, remplit ses informations et règle l’acompte dans la foulée. C’est plus de travail au départ, mais plus rien à faire ensuite, et surtout plus d’oubli. C’est ce que nous mettons en place quand le volume le justifie, dans le cadre d’une création de site.
La plateforme de réservation. Agenda, disponibilités, paiement et rappels dans un même outil. Utile quand la réservation elle-même est le cœur du métier, mais vous entrez alors dans un abonnement mensuel et, souvent, dans une commission sur les réservations apportées.
| Mise en place | Coût | Pour qui | |
|---|---|---|---|
| Lien de paiement | Immédiate, sans développement | Commission par paiement | Quelques dossiers par semaine |
| Module sur le site | Quelques jours de travail | Commission par paiement | Demandes régulières, parcours complet |
| Plateforme de réservation | Paramétrage et reprise des données | Abonnement, parfois commission | Réservation en continu, agenda partagé |
Ce que ça coûte vraiment
C’est le point qui bloque le plus souvent, et il est presque toujours surestimé.
Les prestataires de paiement en ligne travaillent au paiement, pas à l’abonnement. Chez Stripe, une carte européenne standard est facturée 1,5 % du montant plus 0,25 euro, les cartes émises hors Europe étant nettement plus chères (grille publiée par Stripe, 2026). Les autres acteurs du marché se tiennent dans des ordres de grandeur voisins, avec des écarts selon le type de carte et selon que le paiement se fait à distance ou en boutique.
Sur un acompte de 600 euros, cela représente environ 9 euros. À comparer avec une seule date perdue dans l’année, et avec la commission que prélève une plateforme de réservation sur chaque séjour ou chaque commande qu’elle vous apporte.
Ce qu'on ne facture pas au client : le bénéficiaire d'un paiement ne peut pas appliquer de frais parce que le client règle par carte (article L112-12 du code monétaire et financier). Le coût du paiement se traite comme un coût d'exploitation : il s'intègre au prix, il ne s'ajoute pas au moment de payer.
Ce qu’il faut écrire avant d’encaisser le premier euro
Un acompte sans conditions écrites est une source de litiges garantie. Trois blocs suffisent, et ils tiennent en une page.
Le mot et le montant. « Un acompte de X euros, soit Y % du montant total, est demandé à la validation de la commande. » Le mot « acompte » y figure, en toutes lettres.
Ce qui se passe en cas d’annulation. Qui rembourse quoi, dans quel délai, et à partir de quelle date le remboursement n’est plus intégral. Une échelle par paliers (annulation à plus de trente jours, entre trente et sept jours, moins de sept jours) est plus facile à défendre qu’une règle unique.
Le droit de rétractation, et son exception. Un contrat conclu à distance avec un particulier ouvre en principe un droit de rétractation de quatorze jours. Mais l’article L221-28 du code de la consommation écarte ce droit pour l’hébergement autre que résidentiel, le transport de biens, la location de voiture, la restauration et les activités de loisirs fournis à une date ou selon une périodicité déterminée. Une chambre réservée pour un week-end précis, un repas de mariage à une date donnée, une place sur une sortie programmée : pas de rétractation. Une prestation sans date fixée au moment de la commande, en revanche, y reste soumise.
C’est une distinction qui vaut la peine d’être bien posée, parce qu’elle décide de la validité de vos conditions d’annulation. Dans le doute, une phrase claire dans les conditions générales de vente vaut mieux qu’un silence.
Facture d’acompte et TVA
Encaisser n’est pas facturer. Dès que l’acompte est encaissé, deux obligations se déclenchent.
La facture d’acompte. Elle porte la mention « facture d’acompte », sa propre numérotation, la date, vos coordonnées et celles du client, la description de la prestation ou du bien, le montant hors taxes, le taux et le montant de TVA, le montant toutes taxes comprises.
La TVA. Elle est exigible dès l’encaissement. C’était déjà le cas pour les prestations de services ; depuis le 1er janvier 2023, cela vaut aussi pour les livraisons de biens, à la suite de l’article 30 de la loi de finances pour 2022, commenté par l’administration fiscale au Bulletin officiel des finances publiques. Concrètement, l’acompte encaissé en mars se déclare en mars, même si la prestation a lieu en septembre.
À la fin, la facture de solde reprend le montant total, déduit l’acompte déjà réglé et la TVA déjà collectée, et fait apparaître le reste à payer.
Les erreurs qui coûtent cher
- Écrire « arrhes » par habitude. Le mot est resté dans beaucoup de modèles de devis. Il vous engage à rembourser au double.
- Ne rien écrire du tout. C’est le même résultat, puisque c’est le régime par défaut.
- Encaisser sans conditions d’annulation. Vous gardez l’argent, le client conteste, et vous n’avez rien à opposer.
- Faire payer par virement sans confirmation. Le client ne sait pas si c’est passé, vous surveillez votre compte à la main, et la réservation reste floue plusieurs jours.
- Oublier la facture d’acompte. C’est une facture à part entière, pas un reçu.
Par où commencer
Si vous partez de zéro, l’ordre est simple : écrivez d’abord vos conditions (mot, montant, annulation, rétractation), ouvrez ensuite un compte chez un prestataire de paiement, et commencez par le lien de paiement envoyé à la main. Vous saurez au bout d’un mois si le volume justifie de brancher le paiement directement sur le site.
Sur un site professionnel avec une vraie stratégie de référencement, dont le budget se situe entre 2 000 et 2 500 euros hors taxes, le parcours de réservation avec acompte se conçoit dès le départ plutôt qu’en rustine : c’est ce qui fait la différence entre un site qui affiche vos prestations et un site qui prend des réservations. Nos formules et budgets détaillent ce que couvre chaque niveau, et notre page création de site explique comment nous travaillons.
