Photos d'un site web : droits d'usage et banques gratuites

La mention « libre de droits » ne règle qu'une partie du problème. La licence d'une banque d'images porte sur le travail du photographe, pas sur l'accord des personnes qu'on voit sur la photo, ni sur les marques visibles à l'image.

Deux mains tiennent un téléphone au-dessus d'un comptoir garni de tartelettes et de cupcakes à la crème

En bref

Les banques gratuites comme Unsplash ou Pexels vous accordent une licence large sur le droit d'auteur du photographe, usage commercial compris et sans obligation de citer l'auteur. Elles ne garantissent en revanche ni l'accord des personnes reconnaissables, ni celui des propriétaires de lieux, ni l'absence de marques dans l'image : ces trois points restent à votre charge. Une fois la photo choisie, compressez-la en WebP ou AVIF et écrivez un texte alternatif qui décrit ce que l'on voit.

Les points essentiels

  • La licence d'une banque gratuite couvre le droit d'auteur du photographe, rien d'autre.
  • Unsplash indique elle-même qu'elle ne peut garantir l'étendue des usages permis : personnes, lieux et marques restent à vérifier (Unsplash, centre d'aide, 2025).
  • En France, publier l'image d'une personne reconnaissable suppose son accord préalable (Code civil, article 9).
  • Les images comptent pour environ 36 à 37 % du poids d'une page (HTTP Archive, Web Almanac 2025) : le format et la compression valent autant que le choix de la photo.

Vous cherchez une photo pour la page d’accueil de votre site. Vous tapez votre métier dans une banque d’images gratuite, vous trouvez une image correcte, vous la mettez en ligne. Dans la grande majorité des cas, il ne se passe rien. Mais « gratuit » et « libre de droits » ne veulent pas dire « sans aucune règle », et les quelques cas où ça tourne mal sont toujours les mêmes.

Voici ce que couvre réellement une licence gratuite, les trois autorisations qu’elle ne vous donne pas, et comment préparer une photo pour qu’elle ne ralentisse pas votre site.

« Libre de droits » ne veut pas dire « sans droits »

L’expression prête à confusion. Elle signifie que vous n’avez pas de redevance à payer à chaque utilisation, pas que la photo appartient à tout le monde. Derrière chaque image, il y a un photographe qui reste titulaire de ses droits et qui accorde une autorisation, plus ou moins large, à travers une licence.

Lire cette licence prend deux minutes. C’est le seul moyen de savoir ce que vous avez le droit de faire.

Ce que couvre la licence d’une banque gratuite

Les grandes banques gratuites ont des licences très permissives, et c’est ce qui les rend intéressantes pour une petite entreprise.

Unsplash accorde une licence mondiale, non exclusive et irrévocable qui permet de télécharger, copier, modifier, distribuer et utiliser les images gratuitement, y compris à des fins commerciales, sans demander la permission au photographe et sans avoir à le créditer. La seule limite posée par le texte : vous ne pouvez pas rassembler des images d’Unsplash pour en faire un service concurrent (Unsplash, page Licence).

Pexels fonctionne de la même façon : usage personnel et commercial gratuit, attribution non obligatoire, modification autorisée. Le site pose quelques réserves de bon sens : ne pas présenter une personne identifiable sous un jour dégradant, ne pas laisser croire qu’une personne ou une marque recommande votre produit, et ne pas revendre les photos telles quelles ni les redéposer sur une autre banque d’images (Pexels, page Licence).

Source Usage commercial Crédit obligatoire Le point de vigilance
Unsplash (licence gratuite) Oui Non Aucune garantie sur les personnes, les lieux et les marques
Pexels Oui Non Pas de revente telle quelle, pas de sous-entendu de recommandation
Creative Commons Selon la variante Presque toujours oui Les variantes « NC » et « ND » excluent l’usage commercial ou la modification
Domaine public Oui Non Le statut dépend du pays et de la date de mort de l’auteur
Offres payantes avec garantie Oui Non La garantie contractuelle est justement ce que vous payez

Attention au sigle des licences Creative Commons : « CC BY » vous demande de citer l’auteur, « CC BY-NC » interdit l’usage commercial, donc votre site d’entreprise, et « CC BY-ND » interdit de recadrer ou de retoucher. Une photo trouvée sur Wikimedia Commons est très souvent sous l’une de ces variantes, pas dans le domaine public.

Les trois autorisations que la licence ne vous donne pas

C’est le point que presque personne ne vérifie, et Unsplash le dit noir sur blanc dans son centre d’aide : une licence de droit d’auteur ne signifie pas que l’image peut servir à n’importe quel usage, et la plateforme ne peut donner aucune garantie sur l’étendue des usages permis. Elle conseille même de contacter directement le photographe pour savoir s’il détient une autorisation des personnes ou du lieu photographiés (Unsplash, centre d’aide, mise à jour du 8 août 2025).

Les personnes reconnaissables

Une personne identifiable peut s’opposer à l’exploitation de son image, en particulier commerciale. En France, ce droit découle de l’article 9 du Code civil sur le respect de la vie privée : la publication suppose un accord préalable et donné pour un usage précis.

Le risque est faible pour une photo d’ambiance où l’on distingue mal les visages. Il devient réel dès que la personne est nette, au premier plan, et que l’image sert à vendre. Une photo de portrait qui illustre une page de service laisse penser que cette personne est votre cliente ou votre salariée : c’est exactement le cas de figure qui pose problème.

Les lieux et la propriété privée

Certains lieux imposent leurs propres règles : intérieurs de musées, monuments récents, sites à entrée payante, propriétés privées. Une photo prise à l’intérieur peut être parfaitement légale à titre personnel et interdite en publicité.

Les marques et les objets protégés

Un logo sur un t-shirt, une bouteille reconnaissable sur une table, la façade d’une enseigne connue en arrière-plan : ces éléments restent protégés indépendamment de la photo. Sur un site commercial, ils créent un double problème, juridique et éditorial, puisqu’ils suggèrent un lien avec une marque qui n’a rien demandé.

Le réflexe à prendre : avant de publier, regardez la photo en grand et posez-vous trois questions. Une personne est-elle reconnaissable ? Un logo ou une marque sont-ils visibles ? Le lieu est-il identifiable et privé ? Trois « non », vous pouvez y aller. Un « oui » sur une page commerciale, changez de photo : il y en a des milliers d'autres.

Les images générées par IA : pratiques, pas neutres

Générer une illustration en trente secondes est tentant, et pour un schéma ou un fond abstrait, c’est souvent la bonne solution. Deux réserves valent d’être connues avant d’en mettre sur les pages qui comptent.

D’abord, le résultat peut faire réapparaître des éléments protégés. Dans le litige qui opposait Getty Images à Stability AI, la High Court de Londres a écarté l’essentiel des demandes fondées sur le droit d’auteur dans son jugement du 4 novembre 2025, mais elle a retenu l’atteinte aux marques : le générateur produisait des images portant les filigranes « Getty » et « iStock » (High Court of Justice de Londres, 4 novembre 2025). Une image qui sort d’un générateur n’est donc pas automatiquement propre.

Ensuite, la protection de ces images par le droit d’auteur reste incertaine en France, faute de véritable création humaine derrière. Concrètement, un concurrent qui reprendrait votre visuel généré serait difficile à inquiéter.

À cela s’ajoute une obligation de marquage des contenus créés par IA, entrée en application au 2 août 2026, que nous détaillons dans notre article sur ce que la loi impose aux contenus générés par IA.

La meilleure photo reste souvent la vôtre

Une banque d’images dépanne pour un article de blog ou une page générale. Elle atteint vite ses limites sur les pages qui doivent convaincre : personne ne choisit un artisan sur la foi d’une photo de chantier générique que trois concurrents utilisent déjà.

Vos propres photos règlent tous les problèmes de droits d’un coup, et elles montrent ce que vous faites vraiment. Un téléphone récent suffit largement, à condition de soigner la lumière (près d’une fenêtre, jamais en contre-jour), de nettoyer le cadre de ce qui traîne, et de photographier à hauteur d’yeux plutôt que de haut.

C’est particulièrement vrai pour les métiers où l’on achète ce que l’on voit : une boulangerie ou pâtisserie, un restaurant, un institut de beauté ou un paysagiste ont tout à gagner à montrer leurs vraies réalisations. Si vous n’avez ni le temps ni le matériel, faire venir un photographe une demi-journée coûte moins cher qu’une refonte de site et vous laisse une réserve d’images pour deux ans. C’est aussi le travail que nous prenons en charge dans nos contenus.

Repère utile : faites signer une autorisation écrite simple à vos salariés et à vos clients dès que leur visage apparaît. Une page suffit : qui est photographié, pour quel usage, sur quels supports, pour combien de temps. Cela évite d'avoir à retirer une photo au premier désaccord.

Le poids des images, l’autre moitié du travail

Une belle photo mal préparée ralentit la page qu’elle devait servir. Les images pèsent environ 36 à 37 % du poids total d’une page, et la page mobile moyenne a presque triplé en dix ans (HTTP Archive, Web Almanac 2025). C’est le premier poste sur lequel agir.

Trois gestes suffisent :

  • Redimensionner avant de publier. Une photo de 4 000 pixels de large affichée dans un bloc de 800 pixels fait télécharger cinq fois trop de données. Coupez à la largeur réellement utilisée.
  • Choisir un format moderne. Le WebP et l’AVIF réduisent nettement le poids à qualité équivalente. L’AVIF reste peu répandu, autour de 1 % des requêtes d’images, mais il progresse vite (HTTP Archive, Web Almanac 2025). Servir du WebP avec un repli en JPEG couvre aujourd’hui tous les visiteurs.
  • Charger en différé ce qui n’est pas visible tout de suite. Seules les images du premier écran doivent se charger en priorité.

Ces trois points font partie de ce que mesurent les Core Web Vitals, que nous détaillons dans notre article sur la vitesse d’un site.

Le texte alternatif : deux lignes, deux bénéfices

Le texte alternatif décrit l’image pour les personnes qui ne la voient pas, notamment celles qui naviguent avec un lecteur d’écran. Il sert aussi aux moteurs de recherche, qui n’ont pas d’autre moyen fiable de comprendre le contenu d’une photo.

La règle est simple : décrivez ce que l’on voit, en une phrase, sans y recaser vos mots-clés. « Un boulanger sort une fournée de baguettes du four dans son fournil » est utile. « Boulangerie artisanale Paris pain traditionnel » ne l’est pas, et ce genre d’accumulation est repéré comme du remplissage.

Une image purement décorative, elle, prend un texte alternatif vide plutôt qu’une description inutile.

Gain rapide : ouvrez votre site sur votre téléphone en 4G et regardez les images apparaître. Celles qui mettent visiblement du temps sont vos priorités : redimensionnez-les et convertissez-les en WebP. C'est souvent une heure de travail pour un gain de vitesse immédiat.

Conclusion

Choisir une photo pour son site tient en trois vérifications : la licence autorise l’usage commercial, aucune personne, marque ou propriété identifiable ne pose problème, et le fichier est redimensionné dans un format moderne avec un texte alternatif qui décrit la scène. Le reste est une affaire de goût.

Et quand vous en avez la possibilité, préférez vos propres images : elles montrent votre travail plutôt que celui d’un studio, et elles n’appartiennent qu’à vous.

Si vous voulez savoir ce que vos images coûtent aujourd’hui à votre référencement et à votre vitesse, notre audit SEO gratuit passe en revue le poids des pages, les textes alternatifs et les formats utilisés.

Tags :
Partager :

FAQ (FOIRE AUX QUESTIONS)

Questions fréquentes

Votre site a besoin d'un vrai audit SEO ?