En bref
Pour mettre sa carte de restaurant en ligne, le plus efficace est une page en texte, et non une photo ou un PDF : elle se lit sur téléphone, Google la comprend et vous la modifiez en deux minutes. Reprenez-y les plats, les prix, les allergènes et l'origine des viandes. En salle, la loi impose déjà une information écrite sur les 14 allergènes et l'indication de l'origine des viandes : les publier aussi en ligne évite les questions au téléphone et rassure avant la réservation.
Les points essentiels
- Une carte en texte se lit sur téléphone, se met à jour vite et se comprend par Google, contrairement à une photo ou un PDF.
- En salle, l'information sur les 14 allergènes doit être écrite, affichée ou consultable librement.
- L'origine des viandes bovines, porcines, ovines et de volaille doit être indiquée, y compris à emporter et en livraison.
- Reprendre ces informations en ligne évite des appels et rassure avant la réservation.
Un client qui hésite entre deux restaurants ouvre leurs sites sur son téléphone. Chez le premier, il tombe sur une photo de la carte papier, prise de travers, qu’il faut agrandir pour lire les prix. Chez le second, les plats s’affichent en clair, avec les prix, les allergènes et le plat du jour. Il n’a pas encore goûté votre cuisine, mais il a déjà choisi.
La carte est la page la plus consultée d’un site de restaurant, et souvent la plus négligée. Cet article explique comment la publier pour qu’elle serve vraiment : le format, le contenu, les informations que la loi vous demande déjà en salle, et la mise à jour au quotidien.
Pourquoi la photo et le PDF ne suffisent pas
La photo de la carte et le fichier PDF ont un point commun : ils ont été pensés pour le papier, pas pour un écran de téléphone.
- Ils se lisent mal. Sur un écran de quelques centimètres, il faut zoomer, faire glisser, chercher la colonne des prix. Beaucoup de visiteurs abandonnent avant.
- Google n’en tire presque rien. Un moteur de recherche lit du texte. Une photo de carte reste une image, et un PDF est indexé à part, sans profiter du reste de votre page. Notre article sur les PDF sur un site détaille ce que Google en fait.
- Ils vieillissent sans que vous le voyiez. Le PDF de la carte d’hiver reste en ligne au printemps, avec des prix d’il y a deux ans. Le client arrive, la carte a changé, et la première impression est une déception.
Une page en texte règle les trois problèmes : elle s’adapte à l’écran, elle est lue par Google comme le reste du site, et elle se corrige en quelques minutes.
Ce que la carte en ligne doit contenir
Une bonne carte en ligne reprend ce que le client cherche avant de réserver, dans l’ordre où il le cherche.
- Les plats, avec une description courte. Deux lignes suffisent : ce qu’il y a dans l’assiette, pas un poème. Les mots que vos clients tapent (« tartare au couteau », « burger maison », « menu végétarien ») sont aussi ceux qui vous font ressortir.
- Les prix. Sans prix, le client imagine le pire ou appelle. Le prix affiché en ligne doit être celui de la salle. Les règles générales d’affichage des prix sur un site sont rappelées dans notre article afficher ses prix sur son site.
- Les formules et le plat du jour. Une zone que vous changez le matin, en une ligne, vaut mieux qu’une carte figée.
- Les allergènes. Plat par plat, ou dans un tableau clair (voir plus bas).
- L’origine des viandes. À côté des plats concernés (voir plus bas).
- Les régimes particuliers. Plats sans viande, sans gluten ajouté, adaptables : une petite mention aide les groupes à choisir votre table.
Gain rapide : si votre carte change souvent, gardez en ligne les plats qui restent toute la saison et ajoutez une ligne « selon le marché » pour le reste. Une carte courte et exacte rassure plus qu'une carte longue et fausse.
Les allergènes : ce que la loi demande déjà en salle
Depuis 2015, tout restaurant doit informer ses clients de la présence, dans chaque plat, des 14 allergènes majeurs listés par le règlement européen sur l’information des consommateurs (règlement n° 1169/2011, annexe II) : céréales contenant du gluten, crustacés, œufs, poissons, arachides, soja, lait, fruits à coque, céleri, moutarde, graines de sésame, sulfites, lupin et mollusques.
La règle française précise la forme. Dans un lieu où l’on sert des repas à consommer sur place, l’information doit être écrite, lisible et visible depuis la salle. Le restaurant peut soit l’afficher directement (sur la carte, par exemple), soit indiquer par écrit comment la consulter, à condition que le client puisse y accéder directement et librement (code de la consommation, articles R. 112-12 et R. 112-13, issus du décret n° 2015-447 du 17 avril 2015). Le Groupement des hôtelleries et restaurations de France rappelle les deux mêmes options : les allergènes sur le menu, ou un document écrit accessible avec une mention qui dit où le trouver (GHR, « Les allergènes : l’information obligatoire », 2019).
Ces textes visent la salle. Le site n’y est pas cité. Mais si vous tenez déjà ce tableau à jour pour votre service, le reprendre en ligne ne vous coûte rien, et il répond à une vraie question : un client allergique, ou un parent qui organise un anniversaire, regarde la carte avant de réserver. S’il ne trouve rien, il appelle pendant le coup de feu, ou il va ailleurs.
Deux façons simples de le faire :
- une ligne sous chaque plat (« contient : lait, œufs, gluten ») ;
- un tableau plats en lignes, allergènes en colonnes, en bas de la page carte.
Dans les deux cas, ajoutez une phrase qui invite à signaler une allergie à la réservation. Le site informe, l’équipe en salle confirme.
L’origine des viandes : une mention à reprendre aussi en ligne
Depuis 2002, l’origine de la viande bovine servie au restaurant doit être indiquée aux clients. Après une extension provisoire entre 2022 et 2024, l’obligation vaut à nouveau, sans date de fin, pour les viandes porcines, ovines et de volaille achetées crues, depuis le 19 février 2025 (décret n° 2025-141 du 13 février 2025, Banque des Territoires, 18 février 2025).
D’après Service-Public, la règle concerne aussi les établissements qui proposent la vente à emporter ou la livraison. L’information doit être « lisible et visible », sur la carte, sur une affiche ou sur un autre support. La mention la plus simple est « Origine : France » quand l’animal est né, a été élevé et abattu dans le même pays ; sinon, il faut détailler les pays d’élevage et d’abattage (et de naissance pour le bœuf) (Service-Public, « Obligation d’affichage de l’origine des viandes dans les restaurants », 5 mars 2025).
Si votre site sert à prendre des commandes à emporter, c’est là que le client choisit : la mention d’origine a sa place à côté de chaque plat concerné. Et si votre viande vient de France ou d’un éleveur voisin, c’est aussi un argument à ne pas cacher en bas de page.
Ce qui se joue en salle, et ce qu’on reprend sur le site
| Information | Ce que demandent les textes | Sur le site |
|---|---|---|
| Allergènes | Information écrite en salle, affichée ou consultable librement | Une ligne par plat ou un tableau, avec une invitation à signaler une allergie |
| Origine des viandes | Mention lisible et visible, aussi à emporter et en livraison | À côté de chaque plat concerné, surtout si vous prenez des commandes en ligne |
| Prix | Carte affichée à l’extérieur pendant le service, prix service compris | Les mêmes prix qu’en salle, mis à jour en même temps |
| Plat du jour | Rien de spécifique | Une ligne changée chaque matin, en haut de la page |
Pour la colonne « prix », la DGCCRF rappelle que la carte doit être affichée à l’extérieur pendant toute la durée du service, au plus tard à partir de 11 h 30 pour le déjeuner et 18 h pour le dîner (DGCCRF, « Restaurants : droits et obligations des professionnels », 2025).
Tenir la carte à jour sans y passer ses soirées
Une carte en ligne ne vaut que si elle est juste. Trois habitudes suffisent :
- Un seul endroit à modifier. La carte du site doit pouvoir se changer depuis un téléphone, en quelques minutes, sans passer par un prestataire pour chaque prix. C’est une question à poser avant de commander le site.
- Un rendez-vous fixe. Chaque changement de carte papier déclenche la mise à jour en ligne, le jour même. Le plat du jour, lui, se change le matin avec le reste de la mise en place.
- Une seule adresse partout. Le lien vers la carte sur votre fiche Google, le QR code sur les tables et le lien dans vos publications pointent tous vers la même page du site, jamais vers un PDF figé. Notre guide de la fiche Google explique où ajouter ce lien.
Attention au QR code en salle : s'il renvoie vers un PDF hébergé chez un service gratuit, le jour où ce service ferme ou change ses conditions, toutes vos tables affichent un lien mort. Faites-le pointer vers votre propre site.
Et pour un traiteur ou une vente à emporter ?
Les mêmes principes s’appliquent, avec un point de plus : le client commande sans goûter et souvent sans vous parler. La carte en ligne porte donc toute l’information. Un traiteur gagne à présenter ses formules par nombre de personnes, avec les allergènes et l’origine des viandes plat par plat, pour que le devis se fasse sur une base claire.
Conclusion
Votre carte en ligne n’est pas une vitrine décorative : c’est la page qui décide si l’on réserve chez vous ce soir. En texte plutôt qu’en photo, à jour le jour même, avec les prix, les allergènes et l’origine des viandes que vous affichez déjà en salle, elle fait le travail d’un serveur qui répond aux questions avant même l’appel.
C’est ce que nous mettons en place sur nos sites de restaurant : une carte que vous modifiez vous-même depuis votre téléphone, lisible par Google, reliée à votre fiche et à vos QR codes. Pour un site professionnel avec un vrai travail de référencement, comptez entre 2 000 et 2 500 € HT ; le détail figure sur la page tarifs, et notre offre de création de site web explique notre façon de travailler. Si vous préférez qu’on écrive les descriptions de vos plats, c’est le rôle de notre offre contenus.
Cet article donne des repères généraux et ne remplace pas l’avis de votre service de la protection des populations (DDPP) sur votre situation particulière.
