En bref
Un auto-entrepreneur doit afficher sur son site les mêmes informations d'identification qu'une société, mais sous une autre forme : son nom et son prénom accompagnés de la mention « EI » ou « entrepreneur individuel », y compris à côté d'un nom commercial, son numéro SIREN, une adresse où le joindre et, s'il est en franchise de TVA, la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Il n'a ni capital ni forme juridique à indiquer. Son domicile n'a pas à devenir public s'il domicilie son entreprise ailleurs.
Les points essentiels
- Le socle est le même que pour une société : on doit pouvoir vous identifier et vous joindre depuis votre site.
- Votre nom et votre prénom apparaissent toujours, avec la mention « EI », même si vous travaillez sous un nom commercial.
- En franchise de TVA, le prix affiché est le prix payé, avec la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».
- Votre domicile n'a pas à être publié si l'entreprise est domiciliée ailleurs.
Vous êtes auto-entrepreneur, vous lancez votre site, et vous avez trouvé en ligne un modèle de mentions légales. Il vous demande votre capital social, votre forme juridique, votre numéro RCS. Vous n’avez rien de tout ça. Vous laissez des cases vides, vous en inventez d’autres, ou vous oubliez la page.
C’est l’erreur la plus fréquente sur les sites de micro-entrepreneurs : appliquer des règles écrites pour les sociétés. Le statut a ses propres mentions, plus simples sur certains points, plus exigeantes sur d’autres. Cet article fait le tour de ce qui change concrètement sur votre site.
Le socle ne change pas
Commençons par ce qui est commun. Que vous soyez une société ou un entrepreneur individuel, votre site doit permettre à un visiteur de savoir qui l’édite, qui est responsable de son contenu et qui l’héberge. Le détail de ces obligations, les textes qui les fixent et les deux hébergeurs à citer depuis 2024 sont expliqués dans notre article sur les mentions légales d’un site d’entreprise.
Ce socle ne dépend ni de votre chiffre d’affaires, ni du fait de vendre en ligne. Un site vitrine de trois pages pour un coach ou une couturière y est soumis comme une boutique en ligne. La suite de cet article porte sur ce qui se joue autrement pour vous.
Votre nom, avec deux lettres à ne pas oublier
Une société s’identifie par sa dénomination sociale. Vous, vous vous identifiez par votre nom et votre prénom. Et depuis 2022, ce nom doit être accompagné de la mention « entrepreneur individuel » ou « EI ».
Le ministère de l’Économie est clair sur la portée de cette mention : elle doit figurer sur l’ensemble de vos documents professionnels, et il cite notamment les devis, les factures, les tarifs et les documents publicitaires (economie.gouv.fr, page « Micro-entrepreneur : quelles sont vos obligations ? », 2026). Une page de votre site qui présente vos prestations et vos prix entre dans cette logique.
En pratique :
- dans les mentions légales : « Marie Durand, EI », suivi de votre numéro SIREN ;
- si vous travaillez sous un nom commercial (« Atelier des Lilas ») : gardez-le pour le logo et les titres, mais faites apparaître votre nom et la mention EI dans l’identification, en pied de page et sur vos documents ;
- sur votre page de tarifs ou de devis : la même identification, pas seulement le nom commercial.
Bonne nouvelle en revanche : vous n’avez ni capital social, ni forme juridique à afficher. Laisser ces lignes vides ou y écrire « néant » fait simplement voir que la page a été copiée sur un modèle de société.
La TVA : une mention à afficher, des prix à présenter autrement
La plupart des auto-entrepreneurs relèvent de la franchise en base de TVA : ils ne facturent pas de TVA à leurs clients tant que leur chiffre d’affaires reste sous des seuils fixés par l’article 293 B du code général des impôts. La loi du 3 novembre 2025 a maintenu ces seuils, après le projet d’abaissement débattu cette année-là (economie.gouv.fr, « Entreprises : pouvez-vous bénéficier de la franchise de TVA ? », 2025). Les montants exacts se vérifient sur cette même page, car ils peuvent évoluer d’une loi de finances à l’autre.
Sur votre site, cela a trois conséquences :
- La mention. Les documents que vous émettez portent « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Reprenez-la sous votre grille de tarifs et dans vos mentions légales, à la place du numéro de TVA intracommunautaire qu’une société afficherait.
- Le prix affiché. En franchise, le prix que vous annoncez est le prix final. Écrire « 60 € HT » à un particulier lui laisse croire qu’il paiera plus. Écrivez « 60 € », et la mention de franchise fait le reste.
- Le jour où vous dépassez le seuil. Vos prix changent de nature du jour au lendemain. Si votre site affiche des tarifs, c’est la première chose à mettre à jour, avant même votre premier devis avec TVA.
Pensez-y avant de commander votre site : en franchise, vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats. Un site annoncé 2 000 € HT vous coûte donc 2 400 € TTC, et c'est ce second chiffre qu'il faut comparer à votre budget.
Votre adresse : chez vous, mais pas forcément en public
C’est la question qui inquiète le plus les micro-entrepreneurs qui travaillent depuis leur logement. La règle est simple : l’adresse à afficher est celle de votre entreprise, celle que vous avez déclarée.
- Si vous avez déclaré votre domicile, c’est cette adresse qui doit apparaître sur le site.
- Si vous ne voulez pas la publier, la solution est de domicilier l’entreprise ailleurs : une société de domiciliation agréée, un espace de travail partagé, un local. Cette adresse devient alors celle de vos mentions légales. Elle doit rester une adresse où l’on peut réellement vous joindre.
Un point souvent mal compris concerne le répertoire Sirene. L’Insee permet aux entrepreneurs individuels de s’opposer à la diffusion de leurs nom, prénoms, nom commercial et adresse exacte dans le répertoire public, par une démarche en ligne effective sous 48 heures (Insee, « Demander la modification de son statut de diffusion », 2025). C’est utile contre le démarchage. Mais ce réglage concerne le répertoire, pas votre site : il ne vous dispense pas de vous y identifier.
Et si vous recevez des clients chez vous, une prestation de coach à domicile ou une séance de soins par exemple, votre adresse sera de toute façon connue d’eux. L’enjeu est surtout de ne pas l’exposer à tous les visiteurs du site sans raison.
Devis, factures et documents en ligne
Beaucoup de micro-entrepreneurs envoient leurs devis depuis leur site, par un formulaire ou un outil relié. Trois rappels utiles.
La mention EI suit vos documents. Un devis généré automatiquement par un outil en ligne doit porter votre nom, la mention EI, votre SIREN et la mention de TVA. Vérifiez le modèle une fois, au paramétrage, plutôt que de le découvrir sur une réclamation.
La facture électronique arrive aussi pour vous. Toutes les entreprises, micro-entrepreneurs compris, doivent pouvoir recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026, et les émettre au plus tard le 1er septembre 2027 (economie.gouv.fr, 2026). Si votre site ou votre outil de devis produit des factures, c’est le moment de vérifier qu’il suivra. Notre article sur la facture électronique détaille le calendrier.
Les activités encadrées gardent leurs règles. Un artisan du bâtiment qui travaille sous ce statut doit, comme une société, faire figurer son assurance décennale sur ses devis et ses factures. Un électricien auto-entrepreneur a donc les mêmes mentions de métier qu’une entreprise plus grosse, en plus des siennes.
Société ou auto-entrepreneur : le tableau
| Sur le site | Société | Auto-entrepreneur |
|---|---|---|
| Identité | Dénomination sociale | Nom et prénom, avec « EI » |
| Forme juridique et capital | Oui | Non, il n’y en a pas |
| Numéro | SIREN avec RCS et ville du greffe | SIREN |
| TVA | Numéro intracommunautaire | « TVA non applicable, article 293 B du CGI » en franchise |
| Adresse | Siège social | Adresse déclarée de l’entreprise, domicile ou domiciliation |
| Prix affichés à un particulier | TTC | Prix net, sans TVA à ajouter en franchise |
Un site à la taille de votre activité
Dernier point, et pas le moindre : le statut d’auto-entrepreneur ne justifie pas un site au rabais, mais il justifie un site simple. Une page d’accueil claire, une page par prestation réellement vendue, une page contact et vos pages légales suffisent à la plupart des activités. Notre article sur le nombre de pages d’un site de PME aide à faire le tri.
Côté budget, les offres à quelques centaines d’euros existent, mais elles livrent rarement autre chose qu’un modèle rempli. Un site professionnel avec un vrai travail de référencement se situe plutôt entre 2 000 et 2 500 € HT, et notre guide sur le prix d’un site vitrine explique ce qui fait varier ce montant.
Conclusion
Votre site d’auto-entrepreneur n’a pas plus d’obligations que celui d’une société : il en a d’autres. Vérifiez quatre choses dès aujourd’hui : votre nom et la mention EI sont-ils bien visibles, la mention de TVA est-elle la bonne, vos prix sont-ils affichés comme le client les paiera, et l’adresse publiée est-elle celle que vous voulez montrer.
Si vous préférez que ces points soient réglés dès la mise en ligne, c’est ce que nous faisons dans notre offre de création de site web, avec des pages qui parlent de votre métier et pas seulement de votre statut. Le détail des prix figure sur la page tarifs.
Cet article donne des repères et ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable ou d’un professionnel du droit sur votre situation particulière.
